
Tristesse, douleurs, angoisses, soucis, sérénité, joie, allégresse, adoration, prière, amour, tous ces mouvements de l’âme renaissent en nous, en nuances infinies ; ces dimensions de notre être intime nous sont révélées en leur vie même. Épanchement libre de la passion et de l’imagination qui élève l’âme, lui permettant de se distancer d’elle-même pour mieux saisir son être le plus profond, la musique est essentielle à la connaissance de soi.
Par tous les arts, mais d’abord par la musique, l'être humain chante l'acceptation amoureuse de la splendeur du monde. La fête, la jubilation, la supplication, l'indicible, l’amour trouvent ici une expression qu’ils ne sauraient trouver ailleurs.
Comme la poésie, la musique éveille en nous la nostalgie d’absolu qui a inspiré à Baudelaire ces lignes impérissables :
« C'est cet admirable, cet immortel instinct du Beau qui nous fait considérer la Terre et ses spectacles comme un aperçu, comme une correspondance du Ciel. La soif insatiable de tout ce qui est au-delà et que révèle la vie, est la preuve la plus vivante de notre immortalité. C'est à la fois par la poésie et à travers la poésie, par et à travers la musique, que l'âme entrevoit les splendeurs situées derrière le tombeau; et quand un poème exquis amène les larmes au bord des yeux, ces larmes ne sont pas la preuve d'un excès de jouissance, elles sont bien plutôt le témoignage d'une mélancolie irritée, d'une nature exilée dans l'imparfait et qui voudrait s'emparer immédiatement, en cette terre même, d'un paradis révélé ».

Mais le goût n’est pas seulement lié au terroir. Il dépend également du travail humain, du producteur local en premier lieu, avec le choix de la variété et la récolte à maturité. Ensuite, le produit est soigneusement nettoyé, trié, calibré, puis transporté vers les lieux de consommation. Il est d’origine pure, ou assemblé.
Pour le café par exemple, les grains peuvent venir de différents pays et avoir été récoltés à des saisons différentes. Sélectionner le meilleur de chaque variété, créer un goût spécifique en mélangeant des arômes complémentaires, mais aussi d’obtenir une qualité constante tout au long de l’année, tels sont les objectifs. Enfin, le type de torréfaction influera aussi sur le goût du café et révélera les arômes.
Dégustation d’un expresso, dégustation d’un verre de vin rouge… Il y a des similitudes et on pourrait également la rapprocher de l’analyse d’un parfum. L’odorat y est essentiel. On évalue, on analyse, on décrit les arômes d’un café… un peu comme on commente les fragrances d’un parfum ! On cherche des notes épicées, fruitées, fleuries, acidulées, boisées, corsées… et la mémoire olfactive permet de s’y retrouver. En sirotant un café (ou un verre de vin), ou en sentant un parfum, on se rappelle plus ou moins rapidement l’arôme épicé d’un autre café, dégusté il y a quelques mois dans un endroit précis, comme on se souvient de telle ou telle odeur fleurie.
Des chercheurs et dégustateurs américains ont créé une «roue» des arômes du café. Ils ont recensé 85 arômes, comme le citron, le poivre, la rose, le sucre roux, le whisky ou encore l’huile d’olive, qui s’assemblent pour former une saveur fruitée, florale, acidulée, sucrée, végétale, épicée, grillée ou encore chocolatée. Cette roue est construite comme… la roue des arômes du vin.
Car, finalement, lorsque l’on analyse un café, un vin ou un parfum, on s’attache particulièrement à un grand point commun : la richesse des arômes.

La biodiversité est un trésor, comme chacune des espèces vivantes. La vie s’adapte à tous les milieux. Une profusion de formes, de couleurs, de techniques de respiration, de déplacement, de camouflage, de prédation, de reproduction qui devrait nous inciter à plus d’humilité.
La vie, c’est grand, c’est beau, c’est noble.

L'affectivité gouverne la quasi-totalité de nos existences, façonne l'être humain et crée ce monde intime qui va orienter la plupart de nos décisions, de nos comportements, de nos engagements et notre représentation du monde. Elle donne sens aux événements de notre vie.
Peut-on vivre sans aimer ?

Aussi fugace soit-elle, la rencontre avec la beauté est une expérience bouleversante. Les occasions sont nombreuses de nourrir avec délicatesse ce que j’appellerai « notre mémoire esthétique ». Formes, parfums, couleurs et sons, mettent nos sens à contribution.
Ces textes en sont l’écho.